Changer de chaudière, améliorer l’isolation ou poser des capteurs solaires… c’est le moment d’y penser ! Prêt à taux zéro, subventions et crédit d’impôt rendront la dépense bien plus légère.

Si l’on additionne la facture d’électricité, celle du gaz ou du fioul pour le chauffage, la consommation d’énergie représente alors un budget moyen de plus de 1200€ par ménage et par an, indique la dernière étude de l’Insee, soit environ 100€/mois. Elle serait aussi à l’origine de 25% des émissions de gaz à effet de serre, rappelle l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Réduire sa consommation relève donc à la fois d’une attitude économe et du geste citoyen.
C’est tout l’intérêt des différents prêts et avantages fiscaux mis en place ces dernières années, conçus comme autant d’incitations à rendre plus « vert » son logement. Car, au-delà des prêts travaux classiques, liés au compte épargne logement (jusqu’à 23000€ à 2,25% hors assurance), au plan d’épargne logement (jusqu’à 92000€ à 4,20% hors assurance également), ou au crédit travaux classique (son taux dépend de la durée de l’emprunt), il existe d’autres solutions très avantageuses :

1. Pour les propriétaires occupants : une éco-subvention pour la rénovation
L’Agence nationale de l’habitat (Anah) accorde, sous conditions de ressources, une éco-subvention aux propriétaires occupants qui entreprennent des travaux de rénovation thermique dans des logements achevés de construire depuis plus de 15 ans. A titre d’exemple, s’agissant d’une famille de 4 personnes, elle est réservée aux ménages dont les ressources se situent entre 17723 et 23040€ (entre 22220 et 33330€ s’ils résident en Ile-de-France).
Les conditions : l’engagement d’occuper le logement à tire de résidence principale durant 6 années après la fin des travaux. Le montant de cette éco-subvention se situe entre 20 et 35% du coût des travaux de rénovation, retenus dans la limite d’un devis situé entre 1500 et 13000€. Une prime de 1000€ est prévue, pour les équipements les plus performants, en faveur des ménages à revenus modestes. Afin de faciliter la mise en route des travaux, 70% du montant attribué sont versés dès le départ.

2. Pour les propriétaires (occupants ou bailleurs) : un éco-prêt à taux zéro jusqu’à 30000€
L’éco-prêt à taux zéro, ou éco-PTZ, est un crédit gratuit, distribué par les banques jusqu’à fin 2013, et dont les intérêts sont pris en charge par l’Etat. Il permet de financer des travaux de rénovation thermique – équipements, matériaux et main-d’oeuvre – dans une résidence principale construite avant 1990. Accordé sans conditions de ressources, mais réservé aux propriétaires (occupants ou bailleurs), il est plafonné à 30000€ et remboursable entre 3 ans minimum et 10 ou 15 ans maximum. Son déblocage est subordonné à l’engagement de réaliser les travaux dans les 2 ans suivant son attribution. On peut l’utiliser pour financer des travaux d’isolation de murs, de fenêtres ou de toiture, pour installer une chaudière à condensation ou une pompe à chaleur, une chaudière ou un poêle à bois, ou encore un chauffe-eau solaire. Intéressant quand on sait que, par exemple, 10 à 15% des déperditions de chaleur proviennent des fenêtres, 20 à 25% des murs et autant de la toiture, et qu’une chaudière à condensation permet une économie d’énergie de 15 à 25% par rapport à une chaudière classique.
Les contraintes : l’attribution de l’éco-PTZ nécessite la combinaison de 2 types de travaux (pour un prêt jusqu’à 20000€) ou au moins 3 (jusqu’à 30000€) parmi 6 « bouquets » proposés par la réglementation. Par exemple, le remplacement de la chaudière et l’isolation des fenêtres. Enfin, pour en bénéficier, il faut confier la réalisation du chantier (matériel et main-d’oeuvre) à un professionnel.
Un conseil : chaque logement n’ayant droit qu’à un seul éco-PTZ, il est judicieux d’entreprendre en une fois les travaux les plus coûteux et les plus efficaces pour faire baisser la facture énergétique.

3. Pour les propriétaires et les locataires : des prêts bonifiés en complément
Quel que soit votre statut d’occupation, les crédits dédiés au financement des équipements et travaux en faveur des énergies renouvelables (capteurs solaires, chaudière à basse température, fenêtres à isolation renforcée…) ne manquent pas.
Ainsi, la création du livret de développement durable (LDD), en remplacement du Codevi, a conduit les banques à proposer des prêts spécifiques pour les travaux d’économie d’énergie. Ces « prêts économie d’énergie » sont disponibles auprès de votre agence bancaire, et les conditions diffèrent selon les réseaux. Certains accordent des conditions préférentielles aux détenteurs d’un livret de développement durable.

4. Pour tous : un crédit d’impôt remanié en 2010
La réalisation de travaux d’économie d’énergie dans la résidence principale, avant fin 2012, donne droit, en complément des aides et des crédits à taux avantageux, à un crédit d’impôt « développement durable ». Cet avantage fiscal s’applique aux dépenses d’équipement inscrites sur une liste réglementaire limitative. Attention ! Ses conditions ont été révisées à compter du 1er Janvier 2010.
Le taux de ce crédit d’impôt varie de 15 à 40% de la dépense, retenue dans la limite de 8000€ (16000€ pour un couple), majorés de 400€/personne à charge. Ces plafonds s’entendent sur une période quinquennale (l’avantage fiscal est accordé une seule fois). Sous certaines conditions, ce crédit d’impôt bénéficie aussi aux propriétaires bailleurs. Les travaux sont retenus à hauteur de 8000€ et le bailleur doit s’engager à louer le bien, non meublé, à titre de résidence principale dans les 12 mois suivant les travaux et pendant au moins 5 ans.